Wax, les débuts du succès

Wax, les débuts du succès
27 mars 2018 Audrey
In Coulisses
wax print

Le titre de l’article est un peu prétentieux car  je suis loin d’être légitime pour vous donner tous les détails de l’histoire du wax. En revanche son histoire est passionnante et ce sujet me passionne. Depuis la naissance d’Au Port Gentil en 2013, j’ai eu le temps de me documenter sur la théorie mais aussi sur le terrain (merci Alice pour toutes tes jolies histoires :)).

 

Qu’est ce que le wax ?

Le wax, ou encore appelé « tissu africain », est à la base un tissu en coton imprimé, de qualité supérieure, servant à la confection de vêtements et de tout autre objets textiles.

A ne pas confondre avec le « pagne », terme plus généraliste désignant les tissus ou vêtements légers portés dans les pays chauds. Le pagne peut-être en tissu mais aussi en cuir ou matière végétale, et s’ajuste des genoux aux chevilles. Côté étymologie, ce mot pourrait venir de l’espagnol « paño » désignant un pan de tissu. Dès lors, l’expression de pagne prend tout son sens.

Le wax étant désormais largement porté en Afrique, il n’est donc pas rare de l’entendre qualifié de « pagne africain ».

 

Quand a été créé le wax ?

L’histoire du wax commencerait en Indonésie au XVIIème siècle. Les Hollandais, qui entretenaient de fortes relations commerciales avec les Indonésiens, s’emparent d’abord de Malacca, 1er port de Malaisie appartenant initialement aux Portugais. Ils s’installent ensuite progressivement à Sumatra, Macassar et Java. Si bien qu’au siècle suivant, les Hollandais possèdent déjà plusieurs colonies en Indonésie.

Malacca - histoire du wax

Mais au XIX siècle, pour faire face aux fortes tensions locales, les Hollandais décident de former des mercenaires en Afrique de L’Ouest, où ils avaient déjà des accords commerciaux. Des hommes, et en premier lieu des ghanéens partirent ainsi combattre en Indonésie. De là, ils rentrèrent au pays les valises remplis de Batik Indonésiens qui eurent un succès inattendu sur les terres africaines.  Le wax était sur le point de devenir le « must have » de toute l’Afrique de l’Ouest.

Les Hollandais, témoins de cet engouement, décidèrent d’installer des usines dans leur pays avec pour objectif d’exporter ces tissus inspirés du Batik Indonésien.

Peu après, pour faire face à la demande grandissante, les hollandais décident de créer des usines directement dans l’Ouest Africain (Ghana, Côte d’Ivoire, Bénin…). C’est ainsi que la célèbre marque Vlisco, produite en Hollande, décide de créer les marques Woodin, Uniwax ou GTP, directement fabriquées en Afrique. Vous trouverez aussi Sobetex (Bénin), Sotiba Simpafric (Sénégal), CDT (Togo, filiale de la société anglais ABC wax)…

Très vite, le wax africain s’internationalise si bien que la concurrence chinoise menace sérieusement les fabricants historiques. Les prix sont bien plus abordables tandis que leur qualité tend à s’améliorer.

Malgré son succès, le wax subit un léger déclin dans les années 80 suite à l’arrivée des jeans et t-shirt « made in China ». A cette époque, la styliste Béninoise Gisèle Gomez, a qui l’ont doit le fameux pagne « fleur de mariage », a l’idée sensationnelle de redéfinir la mode en créant des modèles haut-de-gamme. Ainsi, elle ravive l’intérêt pour le wax auprès des communautés africaines.

Comment sont imprimés les fameux tissus wax ?

Wax signifie « cire » en anglais. Le wax africain s’inspire des mêmes techniques de création à la cire que les Batik indonésiens.

Les motifs sont créés par des illustrateurs, autant inspirés de la nature que d’éléments de la vie concrète (ventilateurs, robinets, euros..), ce qui peut nous sembler étrange mais lourd de sens pour la clientèle africaine. Des pagnes dédiés sont aussi fabriqués en fonction des évènements calendaires : mariages, funérailles, le pagne du 1er mai, de la journée de la femme ou de la visite de telle ou telle personnalité. Certaines sociétés créent même des pagnes homonymes pour le 1 er mai. Le but étant que tous les employés portent et défilent avec le pagne de l’entreprise ce jour là.

Chaque pagne est nommé et possède une signification précise : « fleurs d’hibiscus » (bonheur en mariage), « Ne me tourne pas le dos » (offert par le  mari quand il veut se faire pardonner), « oeil de ma rivale »(qui envoie un message à sa rivale, qu’elle fera tout pour protéger son foyer)…

Le wax a toujours de très belles couleurs, ne déteint pas, et s’assouplit avec le temps.

Voici les principales étapes d’impressions (procédé officiel de la marque VLISCO):

  • Les créateurs mettent leurs idées en image.
  • Les motifs sont mis sur ordinateurs.
  • Les dessins sous formes numériques sont transférés sur des rouleaux de cuivre.
  • Les rouleaux trempés dans la cire impriment les motifs sur l’envers et l’endroit du tissu.
  • Le tissu est ensuite trempé dans un bain indigo. Les parties blanches prennent alors une teinte bleue intense.
  • Une machine à morceler la cire agite le tissu pour décoller les morceaux de cire, révélant ainsi les parties blanches en dessous.
  • Le tissu est séché et la première couleur est appliquée, sans retrait du restant de cire.
  • Puis la cire est totalement éliminée et l’on applique une deuxième couleur.
  • Le tissu est lavé pour éliminer les traces de couleurs.
  • Enfin le tissu est inspecté par des experts qualité avant d’être expédié partout dans le monde.


Sources :

Procédé d’Impression

http://next.liberation.fr/mode/2015/03/13/de-toutes-les-matieres-c-est-le-wax-qu-elles-preferent_1213985

http://www.afrik.com/article7904.html

http://www.afrik.com/article7948.html

http://www.teheran.ir/spip.php?article989#gsc.tab=0

http://heritage-wax.com/fr/noms-des-pagnes

Comments (0)

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*